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Les réseaux communautaires, pour un monde connecté !

Nous sommes en 2020, selon les statistiques 3,2 milliards de personnes ne sont toujours pas connectés dans un monde qui tend à mettre tout en réseau. Cette population non-connectée est pour la plupart issue de zone rurale et de pays en voies de développement, comme Madagascar, qui malgré une hausse significative sur les deux dernières années, enregistre encore un taux de pénétration d’Internet de 14 %.

L’accès à Internet est pourtant indéniablement un moteur de développement socio-économique, et ceux qui n’y ont pas accès risques d’être laissés pour compte. De plus, l’échange d’informations renforce les processus démocratiques, stimule la croissance économique et permet le partage de la culture et des idées d’une manière inimaginable auparavant. En conséquence, sans action concrète de toutes les parties prenantes, ces 3,2 milliards de personnes sont voués à être exclu du monde numérique, privés d’un droit fondamental.

Réduire la fracture numérique actuelle représente à cet effet un des plus grands défis du monde moderne car il ne s’agit pas juste de faire en sorte que les populations aient accès à Internet, faudrait-il aussi qu’ils comprennent comment en faire usage et quel sont les bienfaits de la technologie pour leur permettre de s’épanouir dans ce monde régis par celle-ci.

Face à cet énorme défi, plusieurs organismes, dont l’Internet Society, se sont ralliés pour promouvoir et soutenir les réseaux communautaires croyant que celui-ci est la solution pour réduire la fracture numérique actuelle, au moins en termes d’accès et de moyen. Les partisans des réseaux communautaires ayant fourni un large éventail de raisons pour en créer dont la plus répétée était la nécessité de fournir une connectivité dans les zones où il n’y en a pas, ou de fournir une connectivité moins chère là où elle est proposée par d’autres opérateurs, principalement des opérateurs mobiles.

Mais qu’est ce qu’un réseau communautaire ?

Pour faire simple, un réseau communautaire se réfèrent à une infrastructure de télécommunications déployées et exploitées par un groupe local pour répondre à ses propres besoins de communication. Jusqu’à maintenant, pour le cas de l’Afrique, on en dénombre 37 réparties dans 12 pays.

Les réseaux communautaires offrent plusieurs avantages dont le principal est la possibilité de mettre en place un accès abordable à l’information, pour les zones peu attrayantes pour les opérateurs de télécommunications et les gouvernements, en regroupant les ressources et en achetant des services collectivement. En termes de services, celles-ci ne sont pas limitées au service d’accès internet. D’ailleurs, il est même possible dans certains cas que le réseau en question ne possède pas un lien de backhaul le raccordant à un FAI comme le cas de Mesh Bukavu, localisé dans la République démocratique du Congo, qui a mis à disposition un serveur sur lequel des sites Web d’actualités locales, du matériel éducatif (une version hors ligne de Wikipédia, plus de 36 000 livres électroniques et des cours PDF) et d’autres ressources sont accessibles localement.

Défis pour la mise en place des réseau communautaire ?

Le premier défis restant d’ordre financier surtout pour les pays les moins développés. En effet, les infrastructures de base ne sont pas accessibles à des prix abordables causant un coûts de déploiement élevé, surtout si l’on prend en compte que les réseaux communautaires sont financé en premier lieu par la communauté elle-même et que dans la plupart des cas, les membres de cette communauté doivent choisir entre se nourrir ou se connecter. De plus, les financements restent limités malgré l’effort d’organisme tels que l’Internet Society, via le projet Beyond The Net grant, ou l’Association for Progressist communication pour soutenir la mise en place de ces initiatives.

Ensuite, selon la réglementation en vigueur dans le pays concernée, la mise en place de réseau communautaire est sujet à des obstacles dès le début avec les processus d’octroi de licence d’entreprise et/ou de service difficile pour les réseaux privé ainsi que le coût des droits, taxes réglementaires et l’accès au spectre pouvant être hors de la portée de la communauté concerné.

Enfin, comme c’est le cas dans la plupart des pays en voie de développement et dans les zones rurales, les sources électriques ne sont pas toujours disponible ou stable ajoutant un autre défis au déploiement de ces réseaux communautaires.

Une lueur d’espoir ?

Grâce au réseau communautaire, l’espoir n’est donc pas encore perdu de pouvoir un jour avoir un monde entièrement connecté. Néanmoins, cela nécessite l’engagement de toutes les parties prenantes y compris le gouvernement. En effet, sans une régulation favorisant et facilitant le déploiement de ces réseaux, la société civile risque de lutter pour une cause perdu malgré leurs efforts tant sur le plan technique, humain ou financier.